Marchés publics
Études architecturales : de 19 à 224 appels d'offres au Maroc
De 19 à 224 appels d'offres d'études architecturales en un an au Maroc. Une vague de maîtrise d'œuvre tirée par la commande publique scolaire.

Sur les trois derniers mois, le portail des marchés publics a diffusé 224 appels d'offres d'études architecturales et de suivi de travaux, contre 19 sur la même fenêtre un an plus tôt. Pour un architecte ou un bureau d'études, c'est une fenêtre de commande qui s'ouvre maintenant, pas une statistique abstraite.
Le volume total d'avis a progressé d'environ 64 % sur la période, de 9 181 à 15 018. La maîtrise d'œuvre architecturale, elle, fait beaucoup mieux. Quand un segment dépasse les 1000 % de hausse pendant que le marché avance de 64 %, ce n'est plus du bruit. C'est un mouvement de fond.
Un marché de conception, pas encore de chantier
En élargissant aux prestations architecturales et topographiques, on dépasse 550 consultations sur le trimestre. Presque toutes, 549 sur 552, sont des marchés de services. Pas des travaux.
La distinction compte. Ces marchés portent sur la conception et le suivi de chantier, en amont des travaux eux-mêmes. Un acheteur public qui contractualise aujourd'hui une étude architecturale prépare un chantier pour les mois, parfois les trimestres, qui suivent. La maîtrise d'œuvre est l'indicateur avancé du BTP public. La suivre demande de croiser les avis en continu par domaine. Aljady agrège les publications du portail secteur par secteur, ce qui permet de suivre un domaine sans dépouiller le flux à la main.
L'école, moteur de la vague
Près d'un appel d'offres sur quatre vise explicitement un établissement scolaire : environ 150 des 552 consultations du trimestre portent sur des écoles et des salles de classe. Un an plus tôt, sur la même fenêtre, la part scolaire était bien plus faible, 14 sur 143, soit moins de 10 % contre près de 27 % aujourd'hui. L'accélération est récente, pas un poids ancien.
Les acheteurs confirment cette lecture. Neuf des dix plus gros donneurs d'ordre du segment relèvent du ministère de l'Éducation nationale, entre directions provinciales et académies régionales d'éducation et de formation (AREF). Le dixième est Al Omran, bras public de l'aménagement et de l'habitat, actif à Tanger-Tétouan-Al Hoceïma.
Le reste des objets dessine la même carte. Reconstruction de marchés couverts et de sièges de communes, parfois des logements administratifs. De l'équipement public local, étudié avant d'être construit.
Un démarrage daté : début 2026
La bascule n'est pas diffuse. Elle a une date.
Sur l'ensemble de 2025, le segment oscillait entre 30 et 95 consultations par mois, avec un creux à 15 en décembre. Puis janvier 2026 passe à 81, février bondit à 219, mars tient à 200, avril à 204. Mai retombe à 158, ce qui reste très au-dessus de tout ce qu'avait connu l'année précédente. Le premier semestre 2026 concentre l'essentiel du mouvement.
Pour qui suit ce marché, le signal est lisible. Les programmes de construction publique, scolaires en tête, sont entrés en phase opérationnelle.
Où se joue la demande
La demande n'est pas répartie également sur le territoire.
| Région | Consultations (trimestre) |
|---|---|
| Fès-Meknès | 73 |
| Béni Mellal-Khénifra | 42 |
| Marrakech-Safi | 41 |
| Tanger-Tétouan-Al Hoceïma | 38 |
| Rabat-Salé-Kénitra | 36 |
Fès-Meknès devance nettement le reste du peloton.
Le montant estimé médian tourne autour de 3,15 millions de dirhams.
Ce niveau place ces marchés dans la portée des agences d'architecture et des bureaux d'études de taille moyenne, pas seulement des grands cabinets.
Ce que ça change pour les professionnels
Architectes et bureaux d'études
La fenêtre est ouverte maintenant. Les études se contractualisent au fil de l'eau et le rythme de publication reste élevé. Attendre que la tendance fasse parler d'elle, c'est arriver après l'attribution des consultations les plus intéressantes.
Entreprises de BTP
Chaque étude architecturale lancée aujourd'hui annonce un appel d'offres de travaux demain. Suivre le flux des marchés de maîtrise d'œuvre, c'est cartographier le pipeline de chantiers du second semestre. Encore faut-il ne pas laisser filer les avis. Filtrer par secteur et par région, être alerté dès la publication : c'est ce type de veille, comme celle qu'Aljady automatise, qui rend un flux d'avis brut exploitable.


